La rayure est intimement liée au monde maritime depuis le XVIIe siècle : c’est en 1858 qu’une ordonnance d’État impose un costume officiel à bord des navires.

 

L’uniforme est stricte et le nombre exact de rayures et la largeur qui les sépare sont précisés au millimètre près : « 21 raies blanches larges de 20mm et 20 ou 21 raies bleues larges de 10mm ». Pour les manches, le tricot doit comporter « 15 raies blanches et 14 ou 15 raies bleues ».

 

La légende veut que le chiffre ait été choisi pour rappel des victoires de Napoléon, tandis que les rayures permettaient de mieux repérer un marin tombé à l’eau.

 

 

Indémodable, le fameux pull blanc rayé aux bandes bleues traverse les âges sans prendre de rides. La marinière est aussi un emblème du style à la française, de Coco Chanel à Jean-Paul Gaultier, en passant par Arnaud Montebourg qui défendait ainsi le    « made in France » sur la couverture du Parisien en 2012.

 

 

 

 

 

 

Le monde de la mode s’inspire de l’univers marin : Coco Chanel lance la mode de la marinière à Deauville dans les années 1916. Mais elle ne reprend dans ses créations que la blouse à col marin, qu’elle féminise et fluidifie avec de la soie. On l’aperçoit cependant porter le fameux tricot rayé sur cette photographie, accompagné d’un pantalon à ponts :

 

 

 

 

 

 

Jean-Luc Godard reprendra l’idée de Chanel en faisant porter la fameuse « marinière » actuelle (tricot rayé) à Brigitte Bardot dans son film Le Mépris en 1963 :

 

En 1978, Jean-Paul Gauthier, dans son premier défilé, reprend l’idée. En 1983, la marinière devient alors l’élément phare de sa collection « Boy Toy ». Elle est depuis devenue sa marque de fabrique.

 

 

Aujourd’hui la marinière se fait plus discrète mais reste un intemporel, porté avec raffinement par la parisienne.